Alors que la canicule gagne du terrain chaque été, la question de la rénovation thermique des logements n’est plus un simple enjeu de confort, mais bien une urgence sur le plan sanitaire, social et climatique. D’après Stéphane Troussel, président de l’ANIL, un véritable plan national doit être mis en place.
Après les passoires thermiques, la notion de logement bouilloire devient de plus en plus prégnante. En réalité, ces logements sont aussi des passoires thermiques en hiver, ce qui inflige à leurs résidents une double peine. Les publics les plus fragiles sont les premiers exposés à ces risques sanitaires. Le réseau des ADIL, qui accompagne plus de 850 000 ménages chaque année, rapporte une demande croissante d’informations sur la rénovation énergétique, avec près de 120 000 consultations rien qu’en 2023 sur ce sujet.
Stéphane Troussel appelle à un plan national robuste, qui tienne compte de la surchauffe estivale dans la définition de la précarité énergétique. Or la suspension provisoire du dispositif MaPrimeRénov’ durant l’été témoigne d’une politique Stop and Go, qui peut fragiliser le secteur, tout en suscitant des inquiétudes. La reprise annoncée pour septembre et l’appui des CEE sont un premier pas, mais ne répondent pas au besoin structurel de visibilité financière et de stabilité réglementaire. Une proposition de loi transpartisane entend fixer un calendrier de rénovation obligatoire des logements bouilloires à la location, adapter les règles en copropriété, et faciliter les protections solaires malgré les contraintes patrimoniales.
